Navigate / search

Pas à pas : mise en couleur

Cet article fait suite à la partie 1 du pas à pas « Premières étapes ».
5/ Préparation du dessin
J’ai décidé de travailler en partant d’un fond coloré pour donner une unité chromatique de base à mon dessin et peindre en faisant monter les valeurs.
J’ai donc peint mon fond avec un mélange de brun de Tolède, Terre de Cassel et Terre d’ombre naturelle.
Préparez toujours une bonne quantité de mélange bien homogène pour les grands aplats comme celui-ci pour avoir un beau fond uni.
Une des difficultés de la gouache est de trouver le juste milieu au niveau de la consistance de la peinture :
Comme le fond ne doit être ni trop délavé (ce n’est pas un lavis), ni trop pâteux (cela pourrait gâter la superposition des couleurs par la suite), il ne faut donc pas trop mouiller la peinture mais la diluer suffisamment tout de même pour que la gouache soit onctueuse.
N.B. : Vous verrez qu’on retrouve cette problématique de la consistance de la gouache tout au long de la réalisation de la peinture et pas seulement pour la préparation du fond.
Quand mon fond a bien séché, je reproduis mon dessin (à venir un article sur les techniques de reproduction). Je me suis contentée ici de tracer les contours du chat et de mettre en place ses yeux et son museau avec un crayon Conté blanc.

6/ Mise en couleurs
Le travail de peinture peut commencer.
Je peins avec un pinceau n°0, un poil correspondant à un coup de pinceau. Ce n’est que pour le plastron que j’utiliserai une petite brosse.
Ce que je fais en général, c’est que je pars des yeux pour progressivement m’éloigner concentriquement vers l’extérieur.
J’aime assez travailler dans le détail petit bout par petit bout, cela me permet de voir avancer le dessin de façon concrète. Mais on peut tout aussi bien décider de travailler sur l’ensemble de l’œuvre couche par couche, plutôt que dans le détail zone par zone comme je le fais. Ce n’est qu’une question de méthodologie de travail.
Je pose donc les premières couches de couleurs que je vais retravailler en superposant d’autres couches de couleurs différentes afin de reproduire l’aspect du poil par de multiples superpositions.
La difficulté est que pour chaque coup de pinceau, plusieurs paramètres entrent en jeu :
il faut tout à la fois trouver la couleur adéquate, jouer avec les valeurs, tenir compte de l’ombre et de la lumière qui vont donner du volume au modèle, choisir la taille de pinceau adaptée à la zone qu’on dessine et enfin, mettre juste ce qu’il faut de peinture sur son pinceau avec la bonne consistance pour que chaque poil ne se transforme pas en gros pâté de gouache.
Chaque coup de pinceau est donc mûrement choisi.
L’eau fait vraiment partie du travail de la gouache. En fonction de la quantité d’eau que l’on mettra sur le pinceau, notre trait sera plus ou moins empâté, nos couleurs plus ou moins transparentes. En dosant la bonne quantité d’eau sur le pinceau on peut faire en sorte que chaque nouvelle couleur se superpose à la précédente sans la fondre ou la salir ou inversement, qu’une couleur se fonde subtilement avec l’autre ou encore on peut jouer sur les dégradés.
Cela donne beaucoup de possibilités d’applications qui ajoutent à la finesse du travail de la gouache.
L’eau peut-être aussi un terrible ennemi pour la gouache, il faut faire bien attention à ne pas laisser tomber de goutte sur sa peinture qui occasionnerait un trou difficile à récupérer.
Dans la mise en couleur, j’aime bien aussi m’attaquer au regard dès le début. C’est ce qui va faire vivre ma peinture avant même qu’elle ne soit terminée et me donner un point d’ancrage tout au long de la réalisation.
Pour donner vie au regard de votre modèle, il faut jouer sur la transparence et la lumière de l’œil.
Astuce, je regarde mon travail dans une glace tout au long de la réalisation, cela me permet de voir les défauts de proportion ou de mise en valeur de mon œuvre.
Pour les poils du plastron j’utilise une brosse biseautée, de taille moyenne qui me permet de rendre mieux l’effet du pelage que si je travaillais poil par poil. Il faut la aussi jouer sur les superpositions de couleurs pour rendre à la fois le volume et la lumière. Le travail à ce stade est presque terminé.
Ne manquent plus que les finitions, poils des moustaches et sourcils qui ne sont pas évidents à faire. Le tracé doit être assez fin, il faut donc doser la bonne quantité de peinture sur le pinceau et surtout la bonne consistance de la gouache pour qu’elle soit assez opaque, prendre une bonne inspiration et ne pas trembler tout le long de son geste en ayant la main légère, mais pas trop ;o).
Et enfin la signature pour achever le dessin.

Pour voir le résultat final, c’est ici

Comments

Eric
Reply

Bravo, c’est véritablement impressionnant : je ne pensais pas qu’un rendu quasiment photographique puisse ainsi être rendu. Évidemment, continuez !

ClaireB
Reply

Très intéressant comme article… Et pour avoir une idée, combien de temps à peu près prend un portrait de ce type ?
Claire

lorjanne
Reply

Il faut compter entre 10 heures et 20 heures approximativement pour ce format

Leave a comment

name*

email* (not published)

website